Article du Républicain Lorrain 16.01.11

Presse

CULTURE : UN RECUEIL À LA MÉMOIRE DES MINEURS MAGHRÉBINS

 

 

CULTURE PRÉSENTATION À LA MÉDIATHÈQUE

LA MÉMOIRE DES MINEURS MAGHRÉBINS À LIVRES OUVERTS

Sociologues et romancier ont expliqué leur méthode de travail au public. Photo RL

Jeudi soir, à la médiathèque, les auteurs ont présenté les deux ouvrages qui constituent le recueil Tout un homme, et qui évoquent la mémoire des mineurs maghrébins.

La boucle est bouclée », annonce Marie Courrier. Jeudi soir, la médiathèque a organisé une soirée pour présenter "Tout un homme". «  Un travail titanesque qui a permis de réhabiliter enfin cette population venue rejoindre nos Gueules Noires au fond de la mine », souligne Marie Courrier. Un projet à longue maturation sur la mémoire des mineurs maghrébins qui de la collecte des souvenirs s’est transformée en étude sociologique, en roman, en pièces de théâtre et en spectacle d’arts contemporains. Et ce n’est pas fini puisqu’on annonce, pour mars 2012, une grande production qui rassemblerait tous les morceaux du puzzle.

« Un non-lieu de la mémoire »

En 2005, c’est d’abord l’Etat qui s’intéresse aux discriminations. En 2007, la coordination et la concrétisation en est confiée à l’ASBH. Avec très rapidement, la volonté affichée de tracer deux sillons parallèles. Tout d’abord un travail scientifique, mené par l’Université de Metz, et dans le même temps, s’en servir pour développer une œuvre artistique, en faisant appel à l’écrivain Jean-Paul Wenzel. Les éditions Autrement ont fait paraître conjointement ces deux livres.

Jeudi soir, ces deux ouvrages ont été dévoilés devant une petite centaine de personnes, faisant suite à la présentation du projet en 2009, avec la tournée dans le Bassin houiller en décembre 2009 d’une petite forme avec trois comédiens et un musicien. Puis ce fut récemment, au Cac, un spectacle où une quarantaine d’adolescents se sont approprié cette mémoire.

Lors de la soirée, la démarche des sociologues de l’Université de Metz, Piero Galloro, Alexia Serré et Tamara Pascuito, a été expliquée. « C’est la concrétisation d’une réflexion commencée dans les années 90. On s’est aperçu qu’on avait une maigre connaissance des populations immigrées. Etonnament, on ne connaît rien de l’immigration en Lorraine, excepté celle des Italiens. Il n’y avait pas de livres grand-public », assure l’universitaire. « C’était un non-lieu de la mémoire. »

Les sociologues sont partis de rien. Si ce n’est des données statistiques et les imposantes archives brutes des HBL. « Nous ne les avons parcourues qu’en survol, mais cela nous a permis de fixer le cadre, les dates, les lieux… » Un travail de fourmi complété par le recueil de la parole de mineurs maghrébins, dans le Bassin houiller mais également en Algérie et au Maroc.

« Nous voulions montrer l’apport de ces populations à l’aventure du charbon. Nous nous sommes concentrés sur les Algériens et les Marocains, car la documentation sur les Tunisiens était trop rare. »

A l’issue de cette intervention, Jean-Paul Wenzel a lu des extraits de son livre, avant de répondre aux questions du public et de dédicacer les ouvrages.

Les ouvrages sont en vente (19 euros pour l’ouvrage scientifique et 12 euros pour le roman).