Saison 2010-2011


• Du récit à la scène Atelier dirigé par Jean-Paul Wenzel et Arlette Namiand

Du 6 au 24 Juin 2011 à l'Aire Libre/ Saint-Jacques-de-la-Lande/ Région Bretagne

Dans le cadre des "Chantiers Nomades" (www.chantiersnomades.com)

(ed. Autrement collection Littératures, Janvier 2011)


















Saison 2009-2010


Six tragédies miniatures de Jean-Paul Wenzel

Atelier dirigé par Jean-Paul Wenzel


du 4 au 28 Avril 2010

à l'Ecole Nationale de Théâtre de Santa-Cruz

en Bolivie (direction Marcos Malavia)


Six petites fables écrites au fil des années et inspirées par des faits divers, un moteur d'inspiration non pas pour un théâtre documentaire, sociologique, mais au contraire pour un théâtre révélateur de chaos intime.


Ce qui m'intéresse c'est ce qu'on peut percevoir comme secousses infimes, à peine visibles, comme craquements minuscules de la croûte humaine, annonciateurs de cataclysmes, d'actes telluriques, de meurtres.


Ecrire depuis cet endroit, sans jugement moral, ni analyse psychologique, écrire ce temps suspendu, ce vertige, où le moindre dérèglement va faire basculer en un éclair, la raison et la normalité.


Une tentative de travailler sur cette « crête », de faire émerger pour chacune des six pièces les formes qui, du cabaret à la tragédie en passant par la farce, transcenderont l'apparent réalisme de l'écriture et diront le mieux ce « presque rien » qui précède et engendre le drame, ce secret qui habite chacun d'entre nous.



























Quelle partie de moi-même trompe l’autre 3 pièces d’Arlette Namiand, Jean-Paul Wenzel, Pierre-Yves Chapalain

Atelier-spectacle dirigé par Jean-Paul Wenzel

Groupe 38 (3è année) de l’Ecole du TNS


Présenté au Piccolo de Milan en Juin,  au TNS du 15 au 18 Octobre, puis à Vilnius, Lituanie (du 26 au 31 oct.)

Dans le cadre de « Vilnius, Capitale européenne de la culture 2009 », cinq écoles ont été invitées à présenter des projets autour du thème du Décalogue


« Chaque homme est un abîme dit Woyzeck. On a le vertige quand on se penche dessus ». Magnifique traduction du chaos qui nous constitue, écho inversé et dissonant à ce doigt dressé dans nos consciences, ces 10 commandements comme autant de vigies tapies dans nos cortex pour surveiller la bête en nous, et dont la sourde présence ne fait en réalité qu’attiser nos désirs de transgression.

Comment porter au théâtre les sens multiples, les résonances, les paradoxes, les sinuosités, les tourments que produit dans nos vies, nos corps, nos relations aux autres, ce combat éternel entre les forces bridées et débridées qui nous habitent. « Je ne parviens pas à savoir quelle partie de moi-même trompe l’autre », dit encore Büchner.

C’est là, dans le monde d’aujourd’hui, dans l’immeuble, le quartier, la ville, le pays où nous sommes, que l’on a transposé le Décalogue. C’est cette matière que l’on a mis en jeu, en signes, en énigmes, en fureur et en silence, avec les élèves de l’école du TNS.




















Article des Dernières Nouvelles d'Alsace disponible dans la rubrique
presse


Les Bas Fonds adaptation d'Akira KUROSAWA
Direction de l'Atelier Jean-Paul WENZEL

Avril-Mai 2007 à l'EPSAD au Théâtre du Nord de Lille


Un dispositif théâtral : un huis clos, et une langue épurée

Le film adapté des Bas-fonds de Maxime Gorki, date de 1957. C'est une pure splendeur.Dans cette fable tournée en huis clos (le seul décor du film est l'asile et sa cour), les habitants de cet asile pour déshérités représentent un échantillon tantôt cocasse, tantôt pathétique, sordide, ou tragique,de la société que Kurosawa transpose dans le Japon féodal : un acteur déchu et alcoolique, un ex-samouraï, un ferrailleur et sa femme agonisante, un joueur invétéré, une petite prostituée rêveuse, un voleur, un vieux sage humaniste et voyageur, tous échoués là dans cet asile tenu par un couple cupide, sont traités par Kurosawa sans pathos, ni apitoiement, le film n'est pas une fable sociale, mais une plongée abyssale dans l'âme humaine, sans complaisance ni angélisme. Ici aucun de ces laissés-pour-compte  n'est dupe de sa part d'ombre et Kurosawa nous laisse voyager dans le mystère de chacun, ses errances, ses rêves, ses nostalgies, ses impasses, ses tentatives d'être.

Contrairement, me semble-t-il à Gorki qui explicite davantage les figures, les dévoile, les fait « parler » d'eux, leur prête une rhétorique aisée et abondante, chez Kurosawa, la parole   est réduite à l'épure de la langue, au signe, ce qui rend l'oeuvre si théâtrale et me la rend si fascinante.

Le projet qui m'intéresse ici, dans un travail avec des élèves acteurs, c'est précisément le statut de la parole, du silence, de la chorégraphie des corps dans cet espace clos, toute une architecture où les figures d'une scène à l'autre sont tantôt protagonistes, tantôt paysages, sans que cela implique que les paysages   soient en arrière plan et les protagonistes en plan rapproché. Autrement dit chez Kurosawa, ce n'est pas forcément celui qui est dans la parole ou l'action qui attire le regard, pas forcément lui qu'on repère immédiatement comme si ce n'était pas lui, semble dire Kurosawa, qui porte notre humanité la plus identifiable , mais celui, en arrière, au bord, en fond de plan, immobile et qui se tait, l'écoute ou le regarde, ou fait mine de ne pas l'écouter ni le regarder, semble prostré, indifférent ou brusquement agité, émet un son ou n'en émet plus....




Les Bas Fonds de Maxime Gorki
Atelier de 3ème année dirigé par Jean-Paul Wenzel, collaboration artistique Arlette Namiand.
Du 16 octobre au 29 novembre 2006 au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris.
Représentations du 29 novembre au 2 décembre 2006.

















Article de l'Humanité disponible dans la rubrique presse



















• Six Tragédies Minitatures de et dirigé par Jean-Paul Wenzel
Mai et Juin 2005, atelier deJeu avec les élèves acteurs de 2ème année à l'EPSAD au Théâtre du Nord de Lille

Six petites fables écrites au fil des années et inspirées par des faits divers, un moteur d'inspiration non pas pour un théâtre documentaire, sociologique, mais au contraire pour un théâtre révélateur de chaos intime.

Ce qui m'intéresse c'est ce qu'on peut percevoir comme secousses infimes, à peine visibles, comme craquements minuscules de la croûte humaine, annonciateurs de cataclysmes, d'actes telluriques, de meurtres.

Ecrire depuis cet endroit, sans jugement moral, ni analyse psychologique, écrire ce temps suspendu, ce vertige, où le moindre dérèglement va faire basculer en un éclair, la raison et la normalité.

Une tentative de travailler sur cette « crête », de faire émerger pour chacune des six pièces les formes qui, du cabaret à la tragédie en passant par la farce, transcenderont l'apparent réalisme de l'écriture et diront le mieux ce « presque rien » qui précède et engendre le drame, ce secret qui habite chacun d'entre nous.
Jean-Paul Wenzel






















© Eric Legrand

Six séances d'approche de l'oeuvre de Louis-Ferdinand Céline
Janvier et Février 2006 dirigé par Arlette Namiand à l’EPSAD

Invitée par Didier Kerkaert à venir présenter aux jeunes acteurs de l'Ecole un écrivain qui me semblait important, et entreprendre avec eux sur quatre séances, la lecture de quelques pages de ses oeuvres, je n'ai pas hésité longtemps : ce serait ce que je connais le mieux, l'auteur que je relis toujours, Louis Ferdinand CELINE. C'est ainsi que nous avons lu ensemble des extraits de Voyage au bout de la nuit, Mort à Crédit, Féerie pour une autre fois, Entretien avec le professeur Y.

J'ai évoqué dès la première séance l'auteur considérable qui a révolutionné la littérature française en faisant passer la langue parlée, argotique, populaire dans la langue écrite, pourfendant ainsi le style académique et tous les conformismes.

Impossible, par ailleurs, d'aborder le travail de lecture d'une oeuvre d'inspiration essentiellement autobiographique, sans faire référence à l'époque et aux évènements qui ont marqué au fer rouge son auteur, en l'occurrence ici, les tourments de la première moitié du XXe siècle, le désastre des deux grandes guerres et la violence des affrontements idéologiques des années 30 en France.

La guerre de 14 et l'abomination des tranchées, Céline blessé, réformé qui s'embarque pour l' Afrique dans le monde miteux et la bêtise crasse des petits colons racistes et alcooliques après avoir fréquenté le milieu interlope des bas-fonds de Londres en 1915, les voyages à New York, Boston, Cuba en qualité de médecin pour des missions concernant la médecine sociale, la misère humaine que Céline, toubib des pauvres, de son vrai nom Docteur Destouches, côtoie quotidiennement dans les dispensaires de la banlieue parisienne, tous ces épisodes, certains tragiques d'autres cocasses,   composeront le terreau sur lequel Céline bâtira Voyage au bout de la nuit .

Le second roman paru en 1936 Mort à Crédit , sera inspiré par l'enfance de Céline au début du siècle, dans un milieu anti-dreyfusard hanté par le manque, la peur des fins de mois, la ruine, l'humiliation, où Céline alterne haine et infinie tendresse pour ce petit peuple du Paris d'avant-guerre, agité, débrouillard, pathétique aussi.

Mais parler de Céline à des jeunes gens qui ne le connaissent pas ou peu (4 d'entre eux seulement avaient lu ou entendu parler du Voyage au bout de la nuit ) c'est aborder aussi le déferlement ignominieux des pamphlets antisémites que Céline, pris d'un délire de persécution, écrit entre 1937 et 1941, accompagnés d'interviews qu'il donne dans la presse raciste et collaborationniste de l'époque, prêtant ainsi main forte, en pleine montée des extrémismes nationalistes et fascistes des années 30, à l'idéologie nazie.

Comment aimer le Céline du Voyage au bout de la nuit , ce cri de désespoir sur l'abomination de la première grande tuerie du siècle en Europe, doublé d'une descente en flammes du colonialisme français en Afrique, comment être bouleversé par le Céline qui soigne gratuitement la misère humaine dans les dispensaires, le Céline auteur de ce que Nizan appellera « un roman communiste » encensé par la gauche française, traduit en Russe par Elsa Triolet, et admettre que le même auteur hurlera quelques années après avec les loups en désignant les Juifs comme boucs émissaires, responsables du désastre qui se profile à l'horizon en cette fin des années 30.

Après Voyage au bout de la nuit et Mort à Crédit , je leur ai apporté Féerie pour une autre fois , écrit en prison au Danemark après la guerre, tandis que la France libérée réglait ses comptes non pas avec la collaboration institutionnelle, patentée, celle qui avait mis des tampons sur des circulaires et des ordres de rafle et de déportation, mais avec ceux de la gueule, les braillards, les hurleurs comme Céline qui se sont obstinés dans l'erreur, ont trempé leur plume dans le caniveau de la bassesse et vautré leur art et leur style dans l'ignominie.

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